Rhum Charrette
En 1972, les producteurs de rhum créent le GIE Rhums Réunion afin de conditionner et commercialiser leurs rhums en bouteille. C’est la naissance de “Rhum Charrette”.
Le rhum réunionnais a désormais un nom et une image. Il est immédiatement adopté par l’ensemble de la population.
Le Rhum : une place privilégiée dans les traditions réunionnaises.
Il a longtemps été le symbole de la convivialité et du plaisir.Il s’offrait et se partagait entre amis ou en famille.
L’espace traditionnel de consommation des hommes a toujours été la boutique, ils se retrouvaient entre amis pour discuter tout en buvant un “p’tit coup sec”. Le rhum était synonyme de virilité.
Les femmes le consommaient à la case (maison), à l’occasion des visites données ou reçues. Mais les régles de l’hospitalité voulaient qu’elles offrent à tout visiteur qui franchit le seuil de la maison, un café bien sucré et un petit verre de rhum qui devait selon l’usage, être bu “cul-sec”.
Le dimanche, comme cela se fait encore de nos jours, la famille se réunissait au grand complet autour d’un bon repas. Le rhum était servi en apéritif ou en “pousse café”.
Le rhum avait aussi sa place lors des grands événements : baptême, communion, mariage, fêtes de fin d’année.
Le rhum occupait une place privilégiée lors les veillées mortuaires. Servi avec du café très fort, il permettait aux parents et aux amis du défunt de rester éveillés toute la nuit. Les femmes priaient et faisaient du café à l’intérieur tandis que les hommes se réunissaient à l’extérieur autour d’un grand feu, buvant du rhum, racontant des histoires, jouant aux cartes ou aux dominos.
Cette animation parfois bruyante était le signe de solidarité des vivants envers le mort. Celui-ci n’était pas abandonné mais véritablement accompagné pour son passage dans l’autre monde.
Le rhum a également occupé d’autres fonctions dans la société traditionnelle créole. Longtemps, il a figuré en bonne place dans la pharmacopée locale. La Réunion était une île isolée et les structures médicales quasiment inexistantes. Pour pallier l’absence de soins, le rhum se transformait en “tisane”, mélangé à des plantes médicinales ou tout simplement à du sel. Il soignait un certain nombre de maladies ou d’affections. Le terme créole “médicaman”, encore utilisé pour désigner le rhum, témoigne de sa longue utilisation thérapeutique.
De nos jours, l’usage médical du rhum est moins répandu. On le consomme de moins en moins pur, plus volontiers sous forme de punchs, de rhums arrangés et dans la cuisine traditionnelle.
Le rhum à la Réunion, est plus qu’une boisson , il est le témoin d’un passé, de manières de vivre dont les valeurs principales sont l’hospitalité, le partage, et la convivialité.
Sa tradition s’est transmise de génération en génération, elle se perpétue avec passion.

